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Haut Potentiel Intellectuel : les Zèbres

Célébré le 15 mars

HPI : qu'est ce que c'est ?

Le haut potentiel intellectuel, souvent appelé HPI, désigne un fonctionnement cognitif
avec des capacités intellectuelles nettement supérieures à la moyenne. Il est
généralement repéré à partir d’un bilan psychométrique réalisé par un professionnel,
avec un quotient intellectuel situé autour de 130 ou plus.
Mais le HPI ne se résume pas à un chiffre.
Le résultat d’un test doit toujours être compris dans une lecture globale de l’enfant : ses
forces, ses fragilités, sa manière d’apprendre, ses émotions, sa fatigue, ses relations, son
comportement au quotidien et ses éventuelles difficultés associées.
Un enfant HPI peut très bien aller bien et être en réussite. Mais il peut aussi douter,
s’ennuyer, se sentir en décalage, avoir peur de l’échec ou présenter un trouble associé,
comme un TDAH, un TSA ou un trouble des apprentissages.
Le point essentiel est donc celui-ci : le HPI n’est pas, en lui-même, un trouble du
neurodéveloppement. Il doit être présenté à part, pour éviter les confusions, tout en
reconnaissant que certains enfants HPI peuvent avoir des besoins éducatifs particuliers.

HPI ne se résume pas à un seul profil.png

Le HPI, ce n’est pas un diagnostic de TND

Le HPI ne doit pas être rangé dans la même rubrique que les troubles du neurodéveloppement.
Il peut exister seul, sans trouble associé.
Il peut aussi coexister avec un TND. Dans ce cas, on parle parfois de profil “doublement exceptionnel” : un enfant peut avoir de très bonnes capacités intellectuelles tout en ayant
des difficultés importantes d’attention, de langage écrit, de communication sociale, d’organisation, de motricité ou de régulation émotionnelle.
C’est justement pour cela qu’il faut être prudent.
Un enfant HPI peut masquer certaines difficultés grâce à ses capacités. À l’inverse, ses difficultés peuvent parfois faire oublier ses forces. Dans les deux cas, il faut éviter les
conclusions trop rapides.

Ce que le HPI n’est pas :

Le HPI n’est pas une maladie.
Ce n’est pas un trouble.
Ce n’est pas un handicap en soi.
Ce n’est pas une garantie de réussite scolaire.
Ce n’est pas forcément être “en avance partout”.
Ce n’est pas être plus mature affectivement.
Ce n’est pas non plus une explication suffisante à toutes les difficultés d’un enfant.
Un enfant peut être curieux, comprendre vite, poser beaucoup de questions, aimer les
sujets complexes, avoir un grand besoin de sens, et pourtant avoir besoin d’aide pour
s’organiser, gérer ses émotions, supporter l’échec ou trouver sa place dans un groupe.

Dans le quotidien, un enfant HPI peut montrer une grande curiosité, une compréhension rapide, une forte mémoire, un besoin d’aller au fond des choses, un raisonnement parfois très élaboré ou un intérêt marqué pour certains sujets.
Il peut aussi s’ennuyer dans des tâches répétitives, avoir du mal avec les exercices qui semblent manquer de sens, être très sensible à l’injustice, se décourager lorsqu’il n’y arrive pas immédiatement, ou vivre un décalage entre son raisonnement et sa maturité
émotionnelle.
Certains enfants HPI peuvent avoir une parole très élaborée, mais rester des enfants dans leurs besoins affectifs, leur tolérance à la frustration, leur autonomie ou leur gestion des émotions.
Cela peut surprendre l’entourage : on attend parfois d’eux qu’ils soient plus autonomes, plus raisonnables ou plus matures parce qu’ils parlent “comme des grands”. Pourtant, leurs besoins émotionnels restent ceux d’un enfant.

Comment cela peut se voir dans la vraie vie ?

Les attitudes trompeuses : 

Un enfant qui s’ennuie vite peut avoir besoin de sens, de défi ou de variété.
Un enfant qui pose beaucoup de questions peut chercher à comprendre en profondeur, pas seulement à attirer l’attention.
Un enfant qui refuse un exercice répétitif peut être démotivé par le manque d’intérêt, mais il peut aussi être en difficulté face à l’effort, à la lenteur ou à la peur de l’erreur.
Un enfant qui réagit fortement à une injustice peut ressentir les situations avec beaucoup d’intensité.
Un enfant qui réussit bien à l’oral mais échoue à l’écrit peut avoir un trouble associé qu’il ne faut pas masquer derrière le HPI. Derrière un profil HPI, il peut donc y avoir des forces, des besoins spécifiques, mais aussi parfois un trouble associé à repérer.

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Les besoins fréquents d’un enfant HPI :

Un enfant HPI peut avoir besoin de sens. Il comprend souvent mieux ce qu’on attend de lui lorsqu’il sait pourquoi il le fait.
Il peut avoir besoin de défis adaptés, sans être constamment mis sous pression. Il peut avoir besoin d’approfondir certains sujets, d’avoir accès à des activités plus complexes ou plus ouvertes.
Il peut avoir besoin d’être accompagné dans la persévérance, surtout lorsqu’il rencontre une difficulté inhabituelle pour lui.
Il peut avoir besoin d’apprendre à se tromper, recommencer, demander de l’aide et accepter de ne pas réussir tout de suite.
Il peut aussi avoir besoin que les adultes distinguent clairement ses capacités intellectuelles de sa maturité affective.
Le vade-mecum Éduscol sur les élèves à haut potentiel insiste sur la nécessité de mieux connaître leurs besoins éducatifs particuliers afin de mieux les scolariser.

HPI et TND : attention aux confusions

Un enfant peut être HPI et avoir un TDAH.
Il peut être HPI et avoir un trouble des apprentissages.
Il peut être HPI et être autiste.
Il peut être HPI et avoir un trouble anxieux, une grande fatigabilité ou une difficulté
importante à s’adapter à certains cadres.
Dans ces situations, le haut potentiel peut parfois compenser une partie des difficultés,
ce qui rend le repérage plus tardif. À l’inverse, les difficultés peuvent empêcher l’enfant
de montrer tout son potentiel.
C’est pour cela qu’il faut garder une lecture globale : forces, besoins, difficultés,
retentissement dans la vie réelle et regard croisé des parents, de l’école et des professionnels.

Il peut être utile de demander un avis lorsque l’enfant présente un grand décalage, une
souffrance, un ennui scolaire massif, une anxiété, une perte de confiance, des difficultés
relationnelles, des crises, un refus scolaire, des difficultés d’attention, de langage écrit,
d’organisation ou de motricité.
Un bilan psychologique peut aider à comprendre le profil cognitif de l’enfant. Mais si des
difficultés importantes existent, il peut aussi être nécessaire de regarder au-delà du QI :
orthophonie, ergothérapie, psychomotricité, évaluation attentionnelle, évaluation du
langage écrit, du fonctionnement social ou émotionnel selon la situation.
L’objectif n’est pas de chercher une étiquette de plus. L’objectif est de comprendre ce qui
aide réellement l’enfant à apprendre, à participer et à aller bien.

Quand demander un avis professionnel ?

Le HPI n’est pas un trouble du neurodéveloppement.
Il peut exister seul ou être associé à un TND.
Un enfant HPI n’est pas forcément en réussite, autonome ou mature dans tous les domaines.
Le chiffre de QI ne suffit pas à comprendre les besoins réels de l’enfant.
Il faut regarder le fonctionnement dans la vie quotidienne : apprentissages, émotions,
relations, fatigue, autonomie, estime de soi.
Comprendre un profil HPI, ce n’est pas valoriser une étiquette. C’est mieux ajuster l’accompagnement.

À retenir :

En France, les personnes HPI représentent 2,3% soit 1 personne sur 44

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